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L¿écrivain et le citoyen disposent d¿une seule et même langue, démocratique, livrée au libre arbitre des individus devant donner du sens aux réalités. Mais la contingence du langage dont la littérature et la politique ont besoin pour exister est contredite par le rêve littéraire d¿une parole pleine, nécessaire, qui échapperait à l¿arbitraire et au hasard. Relisant les oeuvres de Claude Gauvreau, de Gaston Miron et d¿Hubert Aquin, Martin Jalbert aborde d¿une façon neuve la question du politique dans la littérature québécoise, en marge des problématiques de l¿engagement et de la responsabilité et en évitant le cliché qui fait de l¿écrivain le simple porte-parole de la collectivité. L¿enjeu est celui de l¿usage des mots et des signes, des tensions et des contradictions qui en découlent. Peut-être l¿écrivain est-il voué, au bout du compte, à imaginer et à pratiquer une littérature en "sursis", en attente d¿une émancipation qui rendrait caduc son exercice.